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Le potentiel hydrogéologique de la Guyane, ainsi que la structure et le fonctionnement des masses d’eaux souterraines, sont étroitement liés à la géologie du district.
La Guyane française fait partie du vaste bouclier guyanais, s’étendant sur la partie nord-amazonienne du Brésil, la partie est de la Colombie et du Venezuela, ainsi que sur le Guyana, le Surinam. En Guyane, 85% de la surface est formée de roches de socle cristallin, fissuré et fracturé, et seulement 15% de dépôts sédimentaires, poreux, essentiellement le long du littoral.


Le croisement des informations disponibles relatives aux nappes de Guyane et les données sur la géologie a conduit à délimiter douze masses d’eau souterraines, dont on distingue deux catégorise : les formations sédimentaires et les formations du socle.


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Formations sédimentaires


Les formations géologiques sédimentaires constituent une succession de nappes aquifères d’extension modérée. On distingue deux ensembles géologiques :

  • Les séries Démérara-Coswine et série Détritique de Base sont des aquifères multicouches, localement captifs, et en relation possible avec le biseau salé souterrain.
  • La série des sables blancs est .présente dans la partie Nord-Ouest de la Guyane

Ces réservoirs d’eau souterraine sont, pour l’essentiel, rechargés par les précipitations directes et la nappe est située à proximité de la surface du sol (1 à 3 m de profondeur selon les saisons). Ceci a pour conséquence de rendre ce type de masse d’eau relativement vulnérable à tout type de polluant pouvant être répandu à la surface du sol.

 

Ces masses d’eau sont toutefois exploitées en grande majorité à des fins privées, par des forages agricoles, pouvant ponctuellement servir à l’alimentation en eau potable de certains habitants ; il existe, en effet, un grand nombre de forages non déclarés à usage domestique sur ces masses d’eau.


Formations de socle


Au cours du temps, les formations de socle ont subi (et subissent toujours) des processus d'altération météorique, qui sont liés à l'infiltration d'eau de pluie, et qui ont pour effet de développer une couverture meuble (altérites) par désagrégation géochimique de la roche mère. Sous cette couverture meuble, l'altération météorique développe une fissuration qui permet le drainage des formations meubles.

 

Ces processus conduisent à l'établissement d'un profil vertical d'altération qui peut se décomposer en différents horizons, du plus ancien au plus récent lorsqu’on progresse du haut vers le bas de la formation :

  • Cuirasse latéritique (0 à quelques mètres), cet horizon sommital du profil d'altération est présent en Guyane ;
  • L'horizon meuble est constitué par les altérites (ou saprolite) ;
  • L'horizon fissuré est caractérisé par une forte fissuration, dont l'intensité décroît avec la profondeur. Elle résulte de l'éclatement de la roche sous l'effet des contraintes générées par les changements de phase minéralogique ;
  • La roche saine, compacte, peut être parcourue de fractures profondes, le plus souvent d'origine tectonique. Ces fractures profondes constituent des chemins privilégiés pour l'infiltration d'eau météorique, et favorisent donc le développement du profil d'altération en profondeur et perpendiculairement à leurs épontes.

 

Dans ce type de configuration la présence d’un horizon fissuré bien développé et/ou de fractures profondes peuvent constituer des cibles pour l’implantation de forages d’eau. Ceux-ci présentent l’avantage d’une protection naturelle plus efficace que celle des aquifères des terrains sédimentaires de la frange côtière, de par l’épaisseur et la teneur en argiles de l’horizon meuble sus-jacent.


Pressions sur les eaux souterraines et état actuel


Les pressions qui s’exercent sur les masses d’eau souterraines peuvent être quantitatives ou qualitatives.

 

Le bon état quantitatif d’une masse d’eau souterraine s’évalue en fonction du niveau de l’eau souterraine. Ce niveau doit être tel que le taux annuel moyen de captage à long terme ne dépasse pas la ressource disponible de la masse d’eau souterraine.

D’après les volumes connus et estimés, les prélèvements opérés sur l’ensemble des masses d’eau souterraines, ne représentent, a priori, pas de situation de déséquilibre entre les débits pompés et la recharge de ces masses d’eau.

 

Sur le plan quantitatif, l’ensemble des masses d’eau souterraines de Guyane peut être actuellement considéré en « bon état ».


L’état qualitatif des masses d’eau souterraines dépend des impacts des pressions domestiques, industrielles et agricoles exercées. Ces impacts sont difficilement appréciables, par manque de données sur :

  • les caractéristiques des sols et notamment leur aptitude à protéger ou non les eaux souterraines ;
  • les sens de circulation des eaux au sein des masses d’eau souterraines ;
  • en domaine agricole, l’identification précise des engrais et phytosanitaires utilisés et leur quantification précise ;
  • sur les sites recevant des décharges de tout type et / ou des stations d’épuration un suivi précis de la qualité des eaux souterraines permettant d’évaluer l’impact de ces sources potentiellement polluantes sur le milieu souterrain ;
  • la qualité chimique intrinsèque des eaux souterraines sur l’ensemble de la Guyane.

Cependant, par le biais d’études qualitatives sur certaines masses d’eau souterraines et grâce au suivi réalisé dans le cadre de l’alimentation en eau potable, les masses d’eau souterraines du district de la Guyane peuvent être considérées en bon état qualitatif, à l’exception de la nappe de Montjoly, dont l’état est considéré médiocre ; le développement de nombreuses fosses septiques, accompagnant la forte urbanisation de cette zone, a contribué à dégrader la qualité de la nappe.

 


Voir le risque de non atteinte du bon état (RNABE) en 2015


Voir les objectifs d’état assignés aux masses d’eau