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Connaissances des milieux aquatiques

Le lac du barrage hydroélectrique de Petit Saut est l’unique masse d’eau « plan d’eau » du district. Elle est considérée comme masse d’eau fortement modifiée, du fait qu’il s’agit d’un plan d’eau créé artificiellement sur le lit d’un ancien cours d’eau.


Sa mise en eau en 1994 a entraîné l’ennoiement de plus de 300 km² de surface forestière. La retenue fait l’objet d’un suivi de la qualité de l’eau par EDF, et notamment en lien avec les phénomènes de méthanisation. Le matériel forestier inondé se décompose encore aujourd’hui, bien que plus lentement qu’au cours des premières années, et continue d’émettre du méthane en quantité non négligeable.


Le caractère démesuré de la retenue rend très long dans le temps l’évolution du phénomène de méthanisation. Par ailleurs, le plan d’eau favorise les réactions de méthylation du mercure avec des taux de contamination dans les sédiments et les poissons extrêmement élevés.
Aussi, pour la mise en œuvre de la DCE, la masse d’eau bénéficie d'un objectif moins strict sur des paramètres qui restent à définir.

 

petit_saut

 

Les extraits ci-dessous concernant l'état actuel des masses d'eau sont tirés de l'état des lieux du district 2013.

marais_KawLes zones humides sont des « terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanent ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année » (code de l’environnement)

 

Les zones humides constituent un patrimoine naturel exceptionnel, en raison de leur richesse biologique (zone favorable à la reproduction de nombreuses espèces) et des fonctions naturelles qu’elles remplissent (autoépuration de l’eau, atténuation de l’effet des crues, soutien d’étiage…).

Elles représentent, par ailleurs, un terrain propice au développement touristique et aux activités de loisirs, et jouent ainsi un rôle épuratoire et de zone tampon face à la pression anthropique grandissante.

 

Les zones humides ne constituent pas des masses d’eau au sens de la DCE, et ne sont donc pas suivies par un réseau au même titre que les cours d’eau ou les eaux littorales. Toutefois, elles jouent un rôle important dans la régulation des systèmes aquatiques, tant du point de vue qualitatif que quantitatif, et contribuent donc à l’atteinte du bon état des masses d’eau. Les trois zones reconnues d'importance internationale (zones RAMSAR) sont présentées dans l'état des lieux du district 2013. Cliquez sur les zones sur la carte ci-dessous pour accéder aux fiches (ouverture nouvelle fenêtre).

 

carte RAMSAR-636-450 Basse Mana Sinnamary Marais de Kaw

 

 

Un état des lieux des connaissances a été réalisé par le BRGM en décembre 2009. Il montre que les recherches réalisées sur les zones humides en Guyane traitent essentiellement des fonctions écologiques au sens large, principalement biologiques et faunistiques. Elles n’intègrent pas ou peu les questions d’ordre économique ou sociologique. De plus, les études réalisées sont principalement mono disciplinaires, ponctuelles dans le temps et l’espace.

 

 

Par ailleurs, plusieurs travaux de cartographie ont été réalisés sur le littoral guyanais, selon des approches différentes : cartographie réalisée par l’IRD en 1999, cartographie par l’ONF de l'occupation du sol de la totalité de la bande littorale sur 3 années (2001, 2005 et 2008), données issues du projet de cartographies des littoraux amazoniens (PROCLAM) réalisé par l'IRD en 2009, cartographie des zones humides de l'agglomération de Cayenne par télédétection selon une méthodologie développée en 2010 par la DIREN et le CEMAGREF.

cr_kourouaiDélimitation en masses d'eau

 

 

 

Le réseau hydrographique de Guyane est extrêmement dense et très ramifié.
Pour les besoins de la DCE, les cours d’eau ont été découpés en masses d’eau, qui correspondent à des tronçons homogènes de cours d’eau.

 

 

 

 

Ce découpage résulte du croisement de deux types de données cartographiques :

  • les rangs de Strahler des différents cours d’eau. Etant donné l’importance du réseau hydrographique, des filtres sur la taille des bassins versants et la taille des cours d’eau ont été appliqués afin de réduire le nombre de masse d’eau et pouvoir en faire un suivi.
  • les hydro-écorégions de la Guyane :
    • le bouclier Guyanais  caractérisé par des roches imperméables très érodées, un réseau hydrographique dense sous forêt équatoriale, une pénéplaine d’où émergent des reliefs peu accusés.
    • la plaine littorale : constituée par des sédiments récents, des reliefs peu différenciés, des zones humides, une hétérogénéité spatiale.

Le SDAGE 2010-2015 considère 934 masses d’eau cours d’eau.

Suite à la publication du référentiel hydrographique BD Carthage(R) en 2010, le découpage des masses d'eau a été révisé. C'est pourquoi le district de la Guyane ne compte plus que 841 masses d'eau cours d'eau dans l'état des lieux 2013. Ce nouveau découpage de masses d'eau sera validé dans le prochain SDAGE 2016-2021 (révision en cours).

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Etat actuel des masses d'eau

L'état des masses d'eau est évalué dans l'état des lieux du district. Dans le premier état des lieux (2006), un état glogal a été estimé sur la base des pressions exercées sur les cours d'eau. Les données acquises par les réseaux de suivis ont été utilisées dans le deuxième état des lieux (2013) pour évaluer le nouvel état des eaux. On distingue l'état écologique, basé sur des indicateurs biologiques et physico-chimiques, et l'état chimique. Les extraits ci-dessous sont tirés de l'état des lieux du district 2013.


Concernant le suivi hydrométrique, un réseau a été mis en place au début des années cinquante par l'Institut de Recherche pour le Développement (ex ORSTOM) à des fins scientifiques. Il a été rétrocédé en 2003 à la DIREN, qui s'est appuyée sur la DDE pour en assurer la gestion.Depuis le 1er janvier 2011 la DIREN et la DDE ont intégré la Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DEAL). Le réseau hydrométrique est dorénavant suivi par les services « Milieux Naturels, Biodiversité, Sites et Paysages » (MNBSP) et « Fluvial, Littoral, Aéroportuaire et Portuaire » (FLAP) de la DEAL.
En savoir plus sur le site de la DEAL

 

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reservoirs biologiques-283-400 Portal Arataï Sinnamary amont

 

Dans un souci de maintien de la biodiversité, il est nécessaire de pouvoir identifier à l’échelle d’un bassin versant ou d’un sous-bassin, certains secteurs à partir desquels les autres tronçons perturbés de cours d’eau vont pouvoir être « ensemencés » en espèces piscicoles et participer ainsi au respect du bon état écologique. Ces secteurs dénommés réservoirs biologiques vont jouer le rôle de pépinière, de « fournisseur » d’espèces susceptibles de coloniser une zone appauvrie du fait d’aménagements et d’usages divers.

 

Le réservoir biologique n’a ainsi de sens que si la continuité existe : continuité longitudinale (relations amont aval) et latérale (annexes fluviales, espace de liberté des cours d’eau).

 

En Guyane, trois secteurs ont été pré-identifiés dans le SDAGE, et ont fait l’objet d’une étude de caractérisation, pilotée par l’Office de l’Eau. Cette étude permet d’améliorer les connaissances et de conclure à la définition des périmètres de réservoirs biologiques. Ainsi, les trois secteurs pré-identifiés sont maintenant considérés comme réservoirs biologiques.

 

Les réservoirs biologiques serviront également de critère à la définition des cours d’eau classés au titre du L.214-17-I du code de l’environnement.

 

Rapport final de l'étude de caractérisation des réservoirs biologiques, avril 2011.

 

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Le terme « eaux littorales » regroupe les masses d’eau de transition et la masse d’eau côtière.

 

Les masses d’eau de transition correspondent aux estuaires des fleuves. Elles montrent une salinité très variable du fait des apports continentaux importants et des courants bidirectionnels dus à la marée. Les limites des masses d’eau de transition se basent sur :

  • la limite amont de la mangrove,
  • la répartition des poissons, dont certaines familles sont caractéristiques des eaux douces et d’autres se rencontrent dans les eaux salées,
  • les limites de salinité

Huit masses d’eau de transition ont été délimitées dans l’état des lieux de 2006. Les limites ont été par la suite affinées, et réactualisées en fonction de la dynamique hydro-sédimentaire (dissociation des estuaires du Maroni et de la Mana). Aussi, le nouveau découpage compte 9 masses d'eau (Etat des lieux 2013)

 

 

eau_de_mer

 

 

Une masse d’eau côtière a été délimitée, elle correspond au domaine maritime au large de la ligne de côte. Cette masse d’eau est sous l’influence des fleuves côtiers (turbidité, apports d’eau douce et de contaminants). Les courants y sont principalement orientés du Sud-Est vers le Nord-Ouest et le temps de résidence d’éventuels polluants y est fortement réduit par rapport à celui de la masse d’eau estuarienne. Pour la DCE cette masse d’eau s’arrête à 1 mille nautique de la ligne de base.

 

 

 

 

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Les extraits ci-dessous concernant l'état actuel des masses d'eau sont tirés de l'état des lieux du district 2013.