Espace membres

Enjeux pour le bassin

Caractéristiques du bassin de Guyane

 


La Guyane est le seul département français d’Amérique du Sud. D’une superficie d’environ 84 000 km², ses frontières administratives sont constituées principalement par deux grands fleuves : le Maroni, à l’ouest, marque la frontière avec les Suriname, et l’Oyapock, à l’est, la frontière avec le Brésil. Au sud, la frontière avec le Brésil est matérialisée par la ligne de partage des eaux avec le bassin de l’Amazone. Au nord, la Guyane est bordée par l’océan Atlantique.


La population, environ 240 000 habitants en 2012, est très inégalement répartie. L'essentiel de la population est concentré sur le littoral et le long des grands fleuves frontaliers. Les communautés de communes du centre littoral et des savanes, zones de concentration de l'activité économique (notamment Cayenne et Kourou), représentent 65 % de la population sur 20 % du territoire guyanais. La plus forte croissance est observée dans les zones longeant le Maroni, à la frontière avec le Suriname. A l’intérieur des terres, la population se répartit en petits bourgs le long des cours d’eau, ceux-ci servant à la fois pour le transport, la consommation alimentaire et sanitaire, et de lieu de pêche.

 

vignette_6

Télécharger la carte en PDF

 

 

Le climat de la Guyane est de type intertropical humide, les précipitations annuelles y sont en moyenne comprises entre 2 000 mm et 4 000 mm, très importantes dans le secteur de Kaw-Roura-Cacao, et moins importantes en direction du Sud-Sud-ouest ainsi que sur l’extrême Ouest du district. A titre d'exemple, il tombe en moyenne 3 800 mm/an de précipitations à Roura et plus de 2 400 mm/an à Maripasoula (normales 1981-2010).
Au cours de l’année, l’alternance des saisons sèche et humide est liée au passage de la zone intertropicale de convergence (ZIC) caractérisée par de nombreuses cellules convectives et génératrice de fortes précipitations.


D'après l'Unesco (2003), la Guyane est au troisième rang mondial en termes d'eau douce disponible, avec un volume de 800 000 m3/hab/an (derrière le Groenland et l’Alaska). A titre de comparaison, la moyenne mondiale de cette disponibilité en eau est de 1 800 m3/hab/an.


Avec un réseau hydrographique d’environ 35 000 km pour les seuls principaux cours d’eau (Le référentiel BD Carthage® répertorie 110 000 km de cours d'eau.) et un linéaire de côte de 350 km, l’eau constitue un patrimoine naturel très présent et d’une grande richesse. La Guyane présente des milieux aquatiques diversifiés : fleuves, criques, zones humides, estuaires, eaux littorales,... autant d’écosystèmes qui hébergent une diversité spécifique importante, avec notamment de nombreuses espèces endémiques.


Le réseau hydrographique est très dense, comme dans toutes les régions de type équatorial. L’ensemble des fleuves de Guyane se jette au nord du district, dans l’océan Atlantique. Les 6 principaux fleuves sont, d’ouest en est, le Maroni, la Mana, le Sinnamary, la Comté, l’Approuague et l’Oyapock. Ils présentent des variations annuelles similaires avec hautes eaux en mai et étiage marqué en octobre, tendance pouvant être marquée par une légère baisse des débits durant le petit été de mars. Le débit moyen peut atteindre près de 2 000 m3/s (Maroni).

 

En savoir plus sur les cours d'eau 


Le potentiel hydrogéologique de la Guyane, ainsi que la structure et le fonctionnement des masses d’eaux souterraines, sont étroitement liés à la géologie département. Ainsi, deux grands types de masses d’eau sont présentes en Guyane, les masses d’eau du socle (fissuré et fracturé) et celles des formations sédimentaires (poreuses) qu’elles soient situées le long du littoral ou d’extension très réduite le long des cours d’eau, dans les alluvions récentes.


En savoir plus sur les eaux souterraines

 

 

Les usages de l’eau répondent à des besoins qui peuvent être de l’ordre domestique, agricole ou industriel : besoins sanitaires ou d’alimentation, besoins de loisirs ou professionnels, intégration dans un processus industriel, etc.

Quelques grandes caractéristiques sont présentées sur cette page. Pour plus d’informations sur les usages de l’eau en Guyane, consultez les documents de l’état des lieux.

 

Eau potable

PMH

 

Garantir une eau potable en quantité et de qualité suffisantes est un enjeu qui concerne tout le territoire national. En métropole, la question se pose particulièrement vis-à-vis des pollutions diffuses agricoles ; en Guyane, elle concerne en premier lieu l'accès de toute la population à l'eau potable. En effet, malgré une grande disponibilité théorique en eau par habitant, la répartition très inégale de la population, sa forte croissance, et les événements climatiques marqués rendent hétérogène l'alimentation en eau potable sur le territoire guyanais.


Les prélèvements sont directement liés à la population. Ils sont donc, en volume, plus importants sur la bande littorale que dans l'intérieur de la Guyane.

 

 


Pour connaître la qualité de l’eau distribuée dans votre commune, consultez le site national : http://www.eaupotable.sante.gouv.fr

 

 

Assainissement


Tout comme pour l'alimentation en eau potable, la Guyane accuse un retard de développement des structures de traitement des eaux usées. Les méthodes d'assainissement prennent trois formes :

 

leblond_pretraitement

 

1. L'assainissement collectif avec des stations d'épuration publiques, d'envergure moyenne. Les plus grosses sont celles de Cayenne (60 000 EH), Kourou (30 000 EH), et Saint-Laurent du Maroni (en projet) ;

 

2. L'assainissement non collectif par des dispositifs « regroupés » de traitement des eaux usées. Les capacités sont très variables, de 15 à plus de 1 000 EH). Cela concerne principalement Cayenne et sa proche agglomération : Rémire-Montjoly et Matoury, ainsi que les collèges et lycées sur tout le territoire ;

 

3. L'assainissement individuel, par des dispositifs de type fosse septique, voire une absence de dispositif d'épuration. Cela concerne à la fois les zones urbaines et les villages de l'intérieur. Les habitants des petits villages amérindiens du Maroni et de l'Oyapock utilisent traditionnellement le fleuve.


Le ministère en charge de l’environnement a mis en ligne deux portails d’information sur l’assainissement :
- assainissement communal : http://assainissement.developpement-durable.gouv.fr/
- assainissement non collectif : http://www.assainissement-non-collectif.developpement-durable.gouv.fr/

 

 

Agriculture

agriculture

 

Le contexte agricole de la Guyane est singulier par rapport à la métropole ou aux autres DOM, du fait de plusieurs facteurs :

  • une situation agronomique particulière (climat tropical et sol pauvre);
  • des populations variées d'agriculteurs, avec des pratiques spécifiques : Hmongs, Créoles, Bushinengues... ;
  • une distribution des produits agricoles très peu organisée.

 

La Guyane est le seul département français à connaître une augmentation du nombre d'exploitations et de la superficie agricole utilisée (SAU). En 2010, on dénombre 5 893 exploitations agricoles. La surface agricole utile est de 25 345 ha. Comme pour la majorité des activités, l'agriculture est concentrée sur le littoral et le fleuve Maroni.

L’eau est indispensable pour l’agriculture. Elle sert, en tout premier lieu, à l’arrosage des plantations et à l’alimentation du bétail.

 

 

Industries

La Guyane possède un tissu industriel peu important. De nombreuses structures dites industrielles relèvent davantage de l'artisanat, et une grande partie des produits consommés sont importés de métropole. On retrouve beaucoup de seconde transformation, moins consommatrice d'eau que la première transformation.


Les entreprises industrielles sont peu nombreuses et de petite taille sur le territoire : seulement 2 % des entreprises comprennent plus de 20 salariés, et 90 % ont moins de 6 salariés.


Les industries sont géographiquement concentrées sur l'Île de Cayenne et Kourou. La base spatiale de Kourou est également un pôle industriel remarquable.


Les domaines d'activité comme l'exploitation de carrière, la construction et l'agroalimentaire sont bien développés sur le territoire. De plus, ils nécessitent souvent une utilisation d'eau importante ou sont tenus de contrôler leurs rejets, dans le cas d'installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE).

 

Extraction aurifère

 

La ressource en or est abondante en Guyane. Son exploitation a cependant des conséquences lourdes sur l'environnement comme sur le plan humain. L'activité est réglementée de façon à en limiter les impacts, via notamment le Schéma départemental d'orientation minière (SDOM, 2011), mais la ressource attire des travailleurs clandestins dont les pratiques échappent à la réglementation.


L’eau est au centre des processus d’extraction de l’or alluvionnaire. Les exploitants miniers légaux limitent leur consommation d’eau prélevée dans les criques par la création de bassins de décantation. Ces bassins servent tout d’abord à la récupération du mélange boueux, et, ensuite de réserve d’eau pour alimenter les pompes. Les prélèvements d’eau sont donc limités à la constitution du stock nécessaire au fonctionnement en circuit fermé de l’exploitation et préservent un débit permettant de garantir la vie piscicole dans le cours d’eau.


Les exploitants irréguliers, plus nombreux que les légaux, ne respectent, pour leur part, pas ces prescriptions et envoient leurs rejets directement dans le milieu naturel et donc dans les cours d’eau. S'y ajoutent les impacts de fortes concentrations en matières en suspension et de pollution au mercure.


Le cumul historique des impacts sur les cours d'eau représente un total de 2 646 km de linéaires de cours d'eau directement impactés.

 

 

Pêche


La pêche est très pratiquée en Guyane, dans des milieux variés : en eau douce et en mer, dans les fleuves, rivières, zones humides, dans les estuaires, sur les plages, en eau côtière et au large.


La pêche se pratique comme activité de loisirs, mais aussi en tant que ressource alimentaire essentielle pour la majeure partie des populations de l’intérieur et du rural côtier, avec recours à des pratiques culturelles ancestrales. La pêche en mer est pratiquée à l'échelle vivrière (populations amérindiennes), artisanale et industrielle. Elle est concernée par une importante activité clandestine par des bateaux des pays voisins.


La biodiversité piscicole est importante, avec la particularité forte que bon nombre d’espèces d’eau douce présentent un caractère d’endémisme. La Guyane compte environs 450 espèces de poissons contre seulement 83 en métropole.

 

 

Hydroélectricité


petit_saut

 

 

L'hydroélectricité tient une place prépondérante dans le bouquet énergétique de Guyane. La centrale hydraulique de Petit Saut, installée sur le fleuve Sinnamary, constitue la plus grosse retenue artificielle d'Europe avec une capacité totale de 3,5 milliards de m3, dont une capacité utile de 2,2 milliards de m3. Avec une puissance installée de 116 MW, cet aménagement moyenne 60 % de la production électrique du réseau du littoral.

 

 

 

 


La ressource en eau du territoire est immense, mais les conditions favorables au développement d’une production hydroélectrique apparaissent assez contraintes. C’est sans doute l’explication de la faiblesse du parc de production actuel.


Cependant l’évolution à la hausse de la consommation électrique et les besoins spécifiques d’électrification en milieu rural rendent parfaitement pertinente la recherche de sites favorables à de nouvelles productions hydroélectriques.


Le potentiel hydro-électrique de la Guyane a été étudié dans le cadre de la révision de SDAGE, en 2008. Cette étude a permis d’évaluer le potentiel hydro-électrique de la Guyane à 206 MW.


Rapport potentiel hydroelectricite 2008 (PDF)

 

 

poster_hydroelectricite

Télécharger le poster en PDF

 

Les documents stratégiques régionaux en matière d'énergie prévoient des scénarios de développement des énergies renouvelables et indiquent des projets d'ouvrages, notamment en hydroélectricité. Voir les documents suivants :

  • Le PRERURE, plan énergétique régional pluriannuel de prospection et d'exploitation des énergies renouvelables et d'utilisation rationnelle de l'énergie, qui définit sur 20 ans le contenu de la politique de demande et d'offre énergétique, centrée sur l'amélioration de l'efficacité énergétique et la valorisation des énergies renouvelables en Guyane dans une perspective de développement durable. Il préconise d'adopter une démarche volontariste visant à maîtriser la consommation énergétique et à promouvoir le recours aux énergies renouvelables locales pour la production d'énergie.

Rapport final, septembre 2012 (lien de téléchargement sur le site de la Région) voir notamment carte des ouvrages existants et projets p.60, bilan gaz à effet de serre de Petit Saut p.81, scénarios tendanciels p.92

Document de synthèse du PRERURE (lien de téléchargement sur le site de la Région)

  • Le SCRAE, Schéma Régional du Climat, de l'Air et de l'Energie, élaboré conjointement par l'Etat et la Région, assure la cohérence territoriale des actions menées par les collectivités dans les domaines du climat, de l'air et de l'énergie, afin de contribuer aux objectifs nationaux (20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre et 50 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2020) et aux enjeux locaux (rendre la Guyane autonome sur le plan énergétique) (lien vers le site de la DEAL)

 

 

Navigationnavigation



La voie fluviale est le principal moyen de transport pour accéder aux villages de l’intérieur. Les deux principaux axes sont le Maroni à l’ouest et l’Oyapock à l’est. Ce mode de transport est utilisé non seulement pour les marchandises mais aussi pour les passagers, les touristes ainsi que les échanges avec les pays frontaliers.


Pour connaître la réglementation applicable, consultez le site de la Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DEAL) de Guyane.

 

 

Activités de loisirs et tourisme


Les milieux aquatiques sont utilisés pour des activités de loisirs et de tourisme, comme la pratique des sports nautiques, la baignade, le tourisme fluvial ou la découverte des marais.


Pour connaître la qualité des eaux de baignade de Guyane, consultez le site national http://baignades.sante.gouv.fr/

 

L’état de lieux du district réalisé en 2006 et mis à jour en 2013 a permis d’évaluer les pressions et impacts sur les milieux aquatiques, à partir des différents usages de l’eau . Les pressions peuvent être regroupées par type (pression industrielle, agricole, domestique…), et sont qualitative (rejets polluants, destruction du milieu) ou quantitative (prélèvements).


Le territoire guyanais se caractérise par une répartition de la population très hétérogène. La grande majorité de la population se situe sur le littoral. Aussi, les pressions liées à la présence humaine (assainissement, prélèvement d’eau…) sont principalement situées sur cette zone et concernent ainsi, en grande partie, les masses d’eau de transition (estuaires), la masse d’eau côtière, et les masses d’eau cours d’eau les plus en aval.
L’activité d’orpaillage n’est pas liée à la répartition de la population et se situe essentiellement sur la partie centrale de la Guyane. Si l’on se réfère au nombre de masses d’eau touchées, c’est la principale pression sur les cours d’eau pour l’ensemble de la Guyane.


De manière générale, l’extraction aurifère a plusieurs types d’impact sur les masses d’eau :

  • un impact sur la morphologie du cours d’eau lorsque celui-ci est dérivé : cet impact direct estcriques_Blanche_Brodel particulièrement fort mais il reste « localisé » au site d’extraction. Ce type de dérivation pourrait aussi avoir un impact négatif et indirect sur l’aval immédiat des cours d’eau détournés, mais aucune donnée ne permet, à ce jour, de quantifier ce type d’impact ;
  • un impact sur la qualité de l’eau et des habitats en aval par apport important de matières en suspension. Le sol étant déstructuré par jet d’eau lors de l’extraction, un flux important de matières en suspension est apporté à la masse d’eau. Sur les sites d’orpaillage légal, ce flux est limité par la mise en place de bassins de décantation. En raison de la structure du sol du bouclier guyanais, les matières mises en suspension décantent difficilement, l’impact d’un site peut, de ce fait, être perceptible sur plusieurs kilomètres ;
  • un impact chimique par l’apport de mercure : l’agglomération de l’or se faisait jusqu’à maintenant à l’aide du mercure, celui-ci est ensuite en partie rejeté dans le cours d’eau. Le mercure est interdit pour l’extraction de l’or depuis le 1er janvier 2006 et cette interdiction est suivie par les industriels légaux, mais les orpailleurs illégaux continuent à utiliser celui-ci sur leurs exploitations. De plus, le sol de Guyane étant naturellement chargé en mercure, sa déstructuration lors de l’extraction peut conduire à la remise en suspension cet élément ;
  • de possibles rejets d’hydrocarbures, utilisés pour le fonctionnement des engins mécaniques, dans le milieu environnant.

Concernant les exploitations de gisements primaires, l'impact s'apparente à celui d'une carrière de moyenne importance (extractions à ciel ouvert).


pollution

 

En dehors de l’extraction aurifère, la Guyane est peu soumise aux rejets industriels.
Les émissions de substances par les sites industriels sont calculées à l'échelle du district dans l'Inventaire des émissions, rejets et pertes de substances.


Les carrières constituent les principales activités industrielles recensées comme ayant un impact significatif. Les impacts mis en évidence sont fonction du type de matériau exploité et de la capacité des carrières. Par ailleurs l'extraction en lit mineur reste pratiquée dans les communes de l'intérieur, pour répondre aux besoins en matériau. Ces prélèvements peuvent entraîner un surcreusement du lit, réduire la stabilité des berges, et affecter la piézométrie de la nappe. Les impacts sur les masses d'eau sont variables selon le site.


L’agriculture représente une source polluante des cours d’eau non négligeable à cause des produits phytosanitaires (insecticides, pesticides, fongicides…) ou encore des fertilisants (engrais chimiques, effluents d’élevage…) qui y sont répandus. Ces produits peuvent alors être, lors de fortes pluies, entraînés suite au lessivage du sol. Ces pressions s'exercent sur les eaux de surface et potentiellement sur les eaux souterraines au droit des zones de culture et d'élevage.
L'activité agricole impacte également les masses d'eau par une modification de l'occupation du sol : le remplacement de la forêt pour développer des cultures peut avoir des conséquences hydro-morphologiques sur les cours d'eau :

  • hausse de la température des cours d'eau, par diminution de l'ombrage de la forêt,
  • augmentation de la turbidité et de la teneur en MES dans les cours d'eau, liée au lessivage des sols, aces des effets sur l'ichtyofaune et les invertébrés,
  • modification des débits (prélèvements plus élevés pour l'irrigation, ruissellement plus important),
  • modification du cours d'eau par rectification.


Une pression domestique est exercée par les rejets d’eaux usées et les déchets. Elle est significative aux abords des secteurs urbanisés, donc plutôt en aval des bassins versants.

On constate un problème généralisé de non conformité des rejets d'eau usées aux normes d'abaissement de la charge polluante. Les tendances suivantes apparaissent dans la plupart des cas :

  • une charge hydraulique excédentaire et sans lien avec la charge organique, due à des infiltrations importantes d'eaux claires parasites. Ce phénomène est révélateur du mauvais état des réseaux de collecte, bien que le climat humide ait naturellement tendance à favoriser les infiltrations ;
  • une charge organique élevée en entrée, qui révèle un problème de sous-dimensionnement ;
  • un abaissement insuffisant de la pollution : cela s'explique à la fois par l'excédent d'eaux claires parasites, par le sous-dimensionnement des installations, et par leur mauvais état. Les contrôles révèlent un défaut d'entretien sur beaucoup de stations.

L'assainissement individuel est lui aussi peu performant et non conforme : les effluents bruts sont ainsi transmis directement ou presque dans le milieu naturel.
Les pressions sur les masses d'eau sont significatives, principalement sur les eaux littorales, à l'exutoire des principales agglomérations : Cayenne, Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni et Apatou. Quelques masses d'eau cours d'eau sont également concernées le long des fleuves frontaliers, au niveau des bourgs de Camopi, Maripasoula et Papaïchton.

Les décharges sont des lieux d'émission de substances toxiques importantes.


Les prélèvements d’eau de surface en Guyane ont essentiellement pour vocation l’alimentation en eau potable des populations. Aussi, ces prélèvements sont situés sur les secteurs habités (frange littorale et le long des deux principaux cours d’eau : le Maroni et l’Oyapock).

A l'échelle du district, 17 Millions de m3 sont prélevés chaque année pour la production d'eau potable. Toutefois, au regard des volumes mensuels écoulés, ces prélèvements n'engendrent pas de pression significative, ni sur les eaux souterraines, ni sur les eaux de surface.


drague

 

Concernant le dragage, effectué dans les chenaux d’accès aux ports maritimes, ses effets sur les masses d’eau sont de natures diverses. On note parmi celles-ci la remise en suspension de fines particules pouvant augmenter la turbidité de l’eau et réduire ainsi la photosynthèse. Cet effet est à relativiser cependant, les estuaires de Guyane étant déjà extrêmement chargés en matières en suspension. Les bonnes qualités chimiques et bactériologiques des sédiments dragués minimisent la remise en suspension de polluants qui auraient sédimenté. En revanche, les activités de dragage ont un impact sur la faune benthique.


La pêche constitue quant à elle une pression sur les masses d’eau difficilement quantifiable.

Aujourd'hui la pérennité de la richesse piscicole est mal connue. Des menaces sur certaines communautés piscicoles, dues à une surpêche localisée, sont soupçonnées mais mal appréhendées. Le manque de connaissances de la biologie des espèces (habitat, reproduction, ....) ne permet pas aujourd'hui de gérer durablement la ressource.
Concernant la pêche côtière, A la vue de l'importance de l'activité et des variations des tonnages débarqués, la pression de la pêche sur la masse d'eau côtière et les masses d'eau de transition est considérée comme significative. Pour certaines espèces, l'impact peut être considéré comme faible. De manière générale, l'impact de la pêche sur les masses d'eau côtière et de transition reste indéterminé.

 

Des molécules liées à des combustions d'hydrocarbures sont retrouvées dans les masses d'eau. Elles peuvent être liées à l'importance de la navigation, mais elles ne sont pas exclusives d'autres activités à l'origine de ces mêmes molécules (production électrique thermique, abattis...).

 

Evaluation du RNABE / RNAOE


Le RNABE est le Risque de Non Atteinte du Bon Etat des Eaux. Il est déterminé à partir des pressions et impacts exercés sur les masses d’eau, et des tendances d’évolution, afin d’évaluer les capacités à répondre à l’objectif fixé par la DCE d’atteindre le bon état des eaux en 2015. Le RNABE, combiné aux actions prévues dans le programme de mesures, conduit à la définition des objectifs du SDAGE .

 

Ce risque a été réévalué lors de la révision de l'état des lieux en 2013. Désormais intitulé RNAOE (Risque ne Non Atteinte des Objectifs Environnementaux), il traduit les capacités à répondre aux objectifs à l'horizon 2021. Il conduira à lé définition de nouveaux objectifs dans le prochain SDAGE 2016-2021.

 

Télécharger les cartes en PDF

 

 

 


L’eau est une ressource essentielle au maintien de la vie, et participe à de nombreux usages. L’eau à l’état brut est abondante en Guyane, mais l’accès à l’eau potable pour un usage quotidien n’est pas garanti partout. Des épisodes climatiques exceptionnels, comme récemment le déficit hydrique de 2009, ont également montré que le manque d’eau dans les fleuves peut accroître la remontée du biseau salin et menacer les captages d’eau potable du littoral, rendre difficile la navigation et donc l’approvisionnement des communes isolés, ainsi que mettre en péril la principal source de production d’hydroélectricité. Aussi est-il nécessaire d’adopter une bonne gestion de l’eau afin d’en garantir les différents usages de manière raisonnée.

 

 

10 axes prioritaires

 

Le Comité de Bassin a identifié dix axes prioritaires pour la gestion de l’eau, et les a inscrits dans le Schéma Directeur d’Aménagement et de gestion des Eaux de Guyane SDAGE. Les critères utilisés pour les déterminer sont de deux ordres : dispositions prioritaires pour l’atteinte de l’objectif de bon état des masses d’eau, soit un « critère DCE», ou critères d’urgence liés à d’autres réglementations (droit à l’eau inscrit dans la LEMA, obligations d’assainissement de la directive sur les eaux résiduaires urbaines, objectifs du Grenelle de l’environnement).

 

Axe 1 : Garantir l’accès pour tous à une eau conforme aux normes de potabilité, et dans un contexte mondial de pénurie d’eau, l’économiser

Le droit à l’eau est une obligation inscrite dans la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) de 2006. C’est une priorité pour la Guyane, où encore 15% de la population n’a pas accès à l’eau potable, en site isolé mais également en milieu urbain. La distribution d’une eau aux normes de potabilité est une obligation européenne. Enfin, bien que la Guyane dispose d’une ressource abondante, elle ne doit pas oublier qu’au niveau mondial de nombreux pays connaissent une pénurie d’eau potable ; ainsi elle doit rentrer dans un processus d’économie à travers un usage raisonné de cette eau.

 

Axe 2 : Identifier et supprimer les rejets d’eaux usées non traitées dans les collecteurs d’eaux pluviales

Les rejets d’eaux non traitées dans les réseaux pluviaux sont source de pollution des eaux et des milieux aquatiques, et ils sont fréquents en Guyane. La suppression de ces rejets participe directement à l’atteinte du bon état des eaux imposé par la DCE.

 

Axe 3 : Poursuivre/réhabiliter l’équipement en installations de traitement des eaux usées

L’équipement en installations collectives de traitement des eaux usées répond aux obligations en matière d’assainissement, dans un contexte de contentieux européens pour ce qui concernent les eaux résiduaires urbaines. La problématique concerne à la fois le milieu urbain et les sites isolés.

 

Axe 4 : Définir les milieux aquatiques dégradés et promouvoir leur restauration

La restauration des milieux dégradés participe directement à l’atteinte du bon état des eaux imposé par la DCE.

 

Axe 5 : Promouvoir les meilleures techniques en matière d’extraction et de traitement du minerai pour prévenir et limiter les impacts directs et indirects sur les milieux aquatiques

La lutte contre l’orpaillage illégal apparaît comme une urgence et est nécessaire pour atteindre le bon état des eaux. Cependant cette lutte dépasse largement le cadre d’intervention du SDAGE. Dans la mesure de ses moyens, le SDAGE propose de limiter les impacts des activités aurifères sur les milieux aquatiques en faisant la promotion des meilleures techniques disponibles.

 

Axe 6 : Développer la connaissance sur les milieux aquatiques, par la caractérisation de leur état, se fondant sur un système d’évaluation adapté à la Guyane, et par le développement des réseaux de mesure

La connaissance du milieu est un préalable nécessaire à la mise en place d’actions. Le suivi du milieu doit permettre de caractériser l’état des masses d’eau et d’apprécier l’évolution dans l’atteinte de l’objectif de bon état.

 

Axe 7 : Prévoir et organiser des plans de développement intégré des fleuves, traitant notamment de la navigation

Le transport fluvial est largement utilisé en Guyane et est un enjeu de développement important pour les communes isolées. Il est plus intéressant du point de vue environnemental que les solutions aériennes ou terrestres. De plus le bilan du SDAGE de 2000 a fait ressortir un retard dans les actions entreprises dans ce domaine.

 

Axe 8 : Contribuer du point de vue environnemental à la réduction des risques d’exposition des populations au mercure

La contamination au mercure est une préoccupation majeure en Guyane. Il s’agit d’une urgence de santé. Cette problématique a conduit à justifier un certain nombre de dérogation dans l’atteinte du bon état des eaux.

 

Axe 9 : Mettre en œuvre le principe usager-payeur

Les services de l’eau ne sont pas gratuits et le public doit en avoir conscience. De plus, de manière plus opérationnelle, la mise en place des redevances est nécessaire à l’Office de l’eau pour remplir ses missions, lesquelles participeront entre autres à l’atteinte du bon état des eaux.

 

Axe 10 : Développer la communication, la sensibilisation et la formation, sur les techniques aurifères, les bonnes pratiques agricoles et forestières, la préservation des milieux et la gestion de l’eau

Ces actions envers le public et les professionnels sont nécessaires pour l’adoption de bons comportements, permettant de diminuer les pollutions et protéger les milieux.

 

 

 

Enjeux territorialisés

 

Dans le cadre de la consultation du public sur le SDAGE en 2009, des affiches ont été réalisées pour présenter les enjeux par grand territoire. Elles sont présentées ci-dessous.

 

C4_decoupage

 

vignette-afficheFO   vignette-centrelittoral   vignette-interieur  vignette-littoralfleuveest 

 

vignette-littoralouest  vignette-themes